Champions Story, David Quintela

Nom, prénom : David Quintela. David Quintela
Niveau actuel : 8 ème position compétition euro Freestyle cup 2016
Meilleur niveau : 8 ème position compétition euro Freestyle cup 2016
A débuté: en 2005
Sur le terrain : En compétition, cette année 2016
Parcours: Pilote de l’équipe Vortex Evolution depuis 2015, pilote individuel depuis 2005

Quand et où as-tu débuté le cerf-volant ? Qu’est-ce qui t’a donné l’envie ?
J’ai commencé à faire du cerf-volant en vivant à Barcelone. Quelqu’un avait offert en cadeau un cerf-volant de 25 euros à un ami, et nous sommes partis à la plage pour l’essayer. Ce fût mon premier contact avec un cerf-volant. Ce jour-même, le soir chez moi, j’ai regardé sur internet si on pouvait faire autre chose que des cercles avec un cerf-volant. Et c’est ainsi que s’est ouvert d’un coup un nouveau monde devant moi, ça m’a captivé tout de suite ! D’abord, ce qui m’a motivé c’était qu’il s’agissait d’une activité à réaliser sur la plage. Je n’aime pas trop être sur une serviette de bain toute la journée au soleil. Et puis, très vite, c’est devenu quelque chose de plus personnel. Quand tu voles en freestyle, tu dois y dédier beaucoup de temps et améliorer le contrôle de tes émotions.

David QuintelaJ’aime l’effort de dévouement que t’impose le cerf-volant, il faut beaucoup d’heures de vol pour progresser petit à petit. Quand on arrive à un certain niveau, on ne se rappelle plus des heures qu’il a fallu pour arriver a faire un premier demi-axel. C’est pour ça que j’apprécie beaucoup le respect qui existe entre pilotes, qu’importe son niveau. Quand tu connais quelqu’un qui te dit “moi je ne suis pas très bon en free, la seule chose que je sais faire c’est le demi-axel et atterrir”, j’ai envie de lui dire : “tu te rends compte du temps que tu as passé pour arriver à le faire ? Chapeau !” J’aime le contrôle de ses émotions qu’impose le cerf-volant, c’est ce que je préfère ! Depuis le premier moment, où tu pratiques du freestyle, débute un combat contre sa propre impatience et le désir de se surpasser. Ce sont deux sensations qui t’accompagnent tout le temps, peu importe la difficulté du trick ou de la combinaison de tricks que tu peux réaliser. Tu essaies, encore et encore, jusqu’à y arriver…. Tu t’énerves, tu te fâches parce que tu n’y arrives toujours pas. En se fâchant, on se frustre, et la frustration n’aide qu’à avoir de pires résultats. Et tu ne peux pas dire que c’est de la faute de untel, ou la faute du cerf-volant, tout dépend de toi et de ton attitude. Alors tu comprends comment contrôler tes émotions et tes gestes, pour pouvoir enfin progresser. L’autre solution, c’est abandonner et faire autre chose. Je me rappellerai toujours de mon premier Taz Machine. Cela faisait plusieurs semaines que j’essayais de l’exécuter, sans succès, et puis d’un coup, j’ai réussi. Je me rappelle de ce sentiment intense de satisfaction, ces deux secondes ont compensé toutes les heures passées que je pensais inutiles. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que sans ces heures passées, sans ces essais frustrés, je n’aurais jamais réussi à faire un taz…
Tout ce que tu apprends avec un cerf-volant, sans aucun doute, tu peux le transposer dans ta vie de tous les jours. C’est génial.

Quels ont été à l’époque les pilotes qui t’ont influencé ?David Quintela
Sans aucun doute, mon pilote de référence est Richard Debray et c’est encore un pilote à suivre de près actuellement. C’est le spectaculaire à l’état pur ! Son intelligence, sa manière d’utiliser la fenêtre de vent, où et comment réaliser un trick selon les conditions offertes par le vent.
Un autre pilote que j’aime suivre, c’est Samuel Roger. Pour moi, c’est l’élégance même en vol. Son interprétation de la musique, ses mouvements nets, l’exécution de ses tricks, tout est esthétique et techniquement très bon. Mais celui qui m’a influencé directement a été Ricardo Asencio, ce n’était pas seulement l’un des meilleurs pilotes, c’était aussi une personne avec qui j’ai passé beaucoup d’heures d’entraînements et beaucoup d’heures de conversations sur les cerfs-volants et comment arriver à faire certains tricks qu’à l’époque, en Espagne, personne ne faisait. Forcément, il n’y avait personne ici pour nous les expliquer… On analysait des vidéos de pilotes étrangers, pour arriver à comprendre les moments clés et comment réaliser la manœuvre. Pas seulement des vidéos de show, mais même des vidéos promotionnelles où on voyait le pilote. Tout nous servait tant qu’il y avait de l’information à puiser. C’était des fois une vraie étude audiovisuelle ! Je me rappellerai toujours du moment “cascade d’axels” et un commentaire qui nous a fait rire bien longtemps “t’y arrives toi ? J’arrête pas d’essayer mais le cerf-volant ne descend pas !” Il était toujours à un ou deux pas devant moi, et il m’enseignait beaucoup. Quand on pouvait se voir pour faire du cerf-volant, c’était de la pure énergie !

Combien de temps après tes débuts as-tu démarré la compétition ?David Quintela
Et bien 11 ans ce sont écoulés ! Il y a eu une période pendant ces onze ans, concrètement trois, où pour des raisons personnelles, je n’ai pas volé. La première fois que j’ai fait de la compétition c’était aussi la première fois que je volais en public !

Crois-tu que les influences comptent dans ce sport ?
Humainement, bien sûr que les influences existent, dans beaucoup d’aspects de la vie, l’important c’est de se coller aux influences positives et réciproques, celles qui te permettent de progresser et faire progresser les personnes qui sont à tes côtés.
Dans le milieu de la compétition, je ne sais pas. Je suis un simple pilote qui veut se faire plaisir avec ce qu’il a.

Après tes premiers résultats, qui restait-il à battre et pourquoi ?
Bien sûr, moi-même. Ça peut paraître banal, mais ce sport consiste à se surpasser, tu t’entraînes et quand tu arrives sur le terrain, tu donnes 100% de ce que tu sais, tu donnes tout à ce moment précis… si un autre pilote arrive derrière toi, et fait une meilleure performance, tu le féliciteras simplement, tu lui donnes la main et tu continues à t’entraîner. Le niveau de compétition, au niveau européen est très haut, c’est déjà un luxe de pouvoir participer à une compétition avec ces grands pilotes. Même dans le groupe qui marque la différence, dans les premières positions, il y a toujours des changements au podium. Tu ne peux pas t’entrainer en pensant que tu vas battre une personne concrètement, parce qu’il y a toujours une personne qui s’est amélioré et peut te battre. C’est un grand sport, qui t’oblige à t’améliorer constamment, parce que tous les compétiteurs améliorent eux aussi leur propre niveau, si tu t’endors, même si tu es le meilleur au monde, tu perdras.

David QuintelaAujourd’hui, qui remercierai-tu le plus ?
Ricardo Asencio, pour tout ce qu’il m’a apporté et enseigné dans le domaine du freestyle. Pour sa grande passion, son dévouement pour ce sport, il a réussi à être la référence en Espagne et en dehors de l’Espagne, il a réussi à faire que notre petite famille de pilotes Espagnols soit connue en dehors des frontières. En Espagne, il était le noyau d’union entre plusieurs pilotes espagnols, pour ses grandes qualités humaines : Energie, Passion, il restera à jamais en moi.
Je veux aussi remercier l’équipe qui organise l’euro Freestyle et Roger Tessa Gambassi, les remercier de me permettre de participer pour la première fois à cette compétition.

Ceux qui ont participé à ton lancement sont-ils aujourd’hui fiers de toi ?David Quintela
Xavi García ! C’est lui ! Même avant que je me mette à penser à faire de la compétition, il me poussait continuellement à le faire. Il n’arrêtait pas depuis des années ! Je pense qu’il doit être content que j’aie enfin débuté. Mais après mes premiers débuts, je sais qu’il était un peu déçu des résultats. Après ma dernière performance, plusieurs personnes m’ont félicité de m’être jeté à l’eau, lui simplement s’est approché en me disant “c’est dommage…” Il est très sincère et n’est jamais condescendant. C’est ce que j’aime chez lui.
Celle qui m’encourage toujours est ma copine Marion, elle m’a aidé à vaincre la timidité. Peu importe si je fais le ballet mieux ou pire, elle m’a toujours encouragé à m’entraîner plus. Bien que parfois elle est aussi critique avec moi.

Une dernière remarque ?
Merci beaucoup d’avoir pensé à moi pour votre interview, et merci pour votre travail de diffusion du monde du cerf-volant à travers Addict Kite!

 

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