Champions Story, Nicolas Le Roux

Nom, prénom : LE ROUX NICOLAS.nicolas-le-roux-a-penvins_tanguy-marchand-1-6-copier

Niveau actuel : Membre de l’équipe de France, DT et Juge Fédéral.

Meilleur niveau : A venir … L’avenir ne se prévoit pas, mais il se prépare!

A débuté : En 2008, suite à la découverte de notre discipline lors un festival près de chez lui.

Sur le terrain : Pilote 2 lignes au style exotique, il pratique le cerf-volant sous de nombreuses formes.

Doué et discret, Nicolas LE ROUX est un ambassadeur dans la sphère du cerf-volant acrobatique. A 25 ans, il fait partie de la nouvelle vague de ces jeunes pilotes français, valorisant notre activité. Voici son parcours. (Crédit Photo : Tanguy Marchand) 

Quand et où as-tu débuté le cerf-volant ?

J’ai  réellement découvert le cerf-volant lors d’un festival à côté de chez moi « Les Journées du Vent », à Penvins. Il y a pire comme premier spot (rires).  C’était en juillet 2008, je me promenais et au loin j’ai vu des mégastructures dans les airs. Auparavant j’y passais seulement sans m’arrêter. Je me baignais sur les plages voisines mais sans réellement y prêter attention.  J’ai rejoint la zone de vol et là j’ai pu entrevoir les différentes disciplines liées à notre activité. Et là, j’ai été scotché par l’exécution des ballets, notamment des 2 lignes acrobatiques. Sur les conseils avisés d’un pilote, je me suis rendu dans un shop spécialisé à Vannes, le BilboquetTM. Cependant, j’ai continué à voler tout l’été avec mon PaimpolTM en essayant de reproduire ce que j’avais vu lors du festival … sans toujours grand succès.  C’était mes vrais débuts avec le cerf-volant.

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie ? 

Puis lorsque par la suite j’ai reçu un Césium de chez l’AtelierKitesTM, j’ai pu alors m’investir encore plus dans la discipline et passer des étapes supplémentaires. J’avais encore en mémoire les démonstrations des individuels lors du festival de Penvins. Cependant, passé « Les Journées du Vent », le spot était devenu désert. Et encore plus en hiver ! Les pilotes de la région allaient voler vers la Presqu’île de Quiberon. Encore mineur et sans permis, je n’avais, à l’époque pour m’entrainer, que la possibilité d’aller à Penvins (rires). Il n’y avait pas non plus l’association actuelle « Penvins Cerf –Volant » qui dynamise et crée de l’émulation sur le spot. J’ai donc appris et volé dans mon coin pendant 2 ans. A visionner des vidéos, analyser des tutoriels, imprimer des définitions, lire des explications en essayant d’en comprendre l’ensemble des mécanismes et d’en maitriser tout le vocabulaire spécifique lié à notre activité. Je reconnais aussi que j’ai eu un énorme avantage, un spot de rêve à proximité et une progression très rapide. Je voulais contrôler ce savant mélange entre l’exécution, la précision, la synchronisation et l’émotion que notre discipline pouvait transmettre.

nicolas-le-roux-a-penvins_tanguy-marchand-1-7-copierQuels ont été à l’époque les pilotes qui t’ont influencé ? 

Loïc MEUNIER avec son ballet sur « Panam-Panam » d’Edith Piaf reste une référence. Peut-être parce que c’était la première démo que j’ai vu lors des « Journées du Vents » en 2008. En cela j’ai vu l’étendu de la technicité et des capacités de nos machines. Puis Bertrand LEFEBVRE, alors vendeur au shop de Vannes car c’est lui qui m’a orienté vers le Césium au départ. Un gars humble mais qui avait l’air de vraiment s’y connaitre. Et pour sûr … le monsieur était champion de France et d’Europe. D’ailleurs pour moi, 10 ans ont passé mais son travail avec « Or-Paire » reste un modèle de style et un exemple de synchronisation !

Donc après mon premier achat et à peu près 2 ans d’entrainement individuel, j’ai croisé, par hasard, Mathieu MAYET sur le spot de Penvins. Il revenait en Bretagne après un séjour sur ces terres auvergnates. Il s’installait dans le Morbihan avec son colocataire clermontois : Samuel RODDIER. Il m’a proposé de voler parfois avec eux et j’ai commencé à pratiquer plus régulièrement avec des pilotes autour de moi. Même en l’absence de Mathieu, parti à des entrainements ou des shows avec son équipe REDBULLTM, avec Samuel on volait pour s’améliorer, monter en niveau individuel. Il débutait la compétition aussi mais avait déjà participé au STACK et TrickParty. On s’amusait entre nous et avec d’autres à se faire des battles, des TrickContest complètement informels, c’était fun. Puis une idée à germer celle de faire de la compétition en paire, pour nous faire progresser, toujours, et explorer d’autres horizons que l’individuel.

Combien de temps après tes débuts as-tu démarré la compétition ? nicolas-le-roux-a-penvins_tanguy-marchand-1-copier

Je me suis initié en 2010 donc, l’année de mon bac. Je m’en souviens car les épreuves commençaient la semaine suivant le week-end du championnat de France. Cette même année, j’ai aussi participé à mes premiers grands festivals : Valencia en Espagne, Berck et Stella-Plage. Vraiment de beaux évènements et aussi des rencontres, aussi belles que marquantes. Je pense entre autre à Ricardo Ascencio, RedBullTM, les Bunnies, l’équipe KiteHouseTM … Puis le bac en poche, j’ai quitté ma Bretagne natale pour Angers et pour y suivre un cursus universitaire. J’ai délaissé le versant fédéral et compétitif de notre activité pendant mes années d’études. Le spot avait changé mais je prenais toujours plaisir à tricoter et freestyler et sur les évènements. Je restais toujours aussi proche et impliqué dans la pratique. Mais différemment. Le fait d’avoir eu la chance de tester le vol en team avec RedBullTM en 2012 m’avait convaincu. Je savais que je voulais le faire et je l’ai fait. Depuis 2014 j’ai intégré l’équipe Ground ControlTM avec un réel projet sportif et une vraie aventure humaine. Quand tu as l’esprit de la compétition, … tu le gardes. Il s’exprime juste autrement avec l’âge ou tes envies du moment. Par exemple ces derniers temps je me suis remis à la compétition. Non plus en tant que compétiteur mais au sein de la fédération. J’ai réalisé le dernier championnat de France à Royan en 2016 en ombre et j’ai obtenu la qualification de DT et suis également juge. Cela m’a permis de comprendre et de voir l’envers du carcan de la FFVL. Il y a aussi l’équipe de France avec laquelle nous essayons de valoriser et promouvoir l’activité lors d’évènements. L’esprit est bon et la tendance prometteuse. Puis il faut surfer sur cette nouvelle dynamique insufflée par les responsables fédéraux actuels… En parallèle des festivals, même en compétition maintenant, entre précision (STACK) ou freestyle (TRICKPARTY), chaque pilote peut y trouver son bonheur finalement.

Crois-tu que les influences comptent dans ce sport ? nicolas-le-roux-a-penvins_tanguy-marchand-1-4-copier

Enormément ! Les personnes que tu côtoies vont directement t’influencer. Si à mes début j’avais passé plus de temps avec des pilotes de révolution je me serais peut-être orienté vers du 4 lignes plus rapidement, si je n’avais pas fait la rencontre de YASU, je ne me serais surement jamais investis dans la pratique du team comme je le fais actuellement. C’est le propre de l’habitus*, défini par Pierre Bourdieu :

* Pierre Bourdieu a défini l’habitus comme « un ensemble de manière d’être, d’agir et de penser propre à un individu, fruit d’un apprentissage particulier lié à son groupe d’appartenance, qui diffère selon sa classe sociale, sa disposition en capital, et sa place occupée dans l’espace social ». 

Aussi, ce sont les personnes que tu rencontres qui vont te définir et influencer ce que tu fais. Attention, ce n’est pas que les personnes vont t’imposer des choix ou de faire des choses mais consciemment ou inconsciemment tu vas réagir en fonction d’eux et de leurs actions.

C’est sociologique et le cerf-volant n’y échappe pas !  Cela a même été mon sujet de fin d’études.  Ce que j’en ai conclus c’est que l’intérêt et la reconnaissance de normes culturelles des pilotes et de leurs convictions, m’a permis de dégager des modes explicatifs d’investissement dans la pratique. Pour être succinct, il n’existe pas UNE juste manière de piloter mais DES justes manières de piloter : soit en compétition ou en marge de toute institution, à une pratique exclusive ou à une pluralité du vol. De même, nous avons tous développé la notion de « plaisir » dans notre vol mais ce terme utilisé par tous est à comprendre, finalement, au sens personnel de chacun.

Après tes premiers résultats, qui restait-il à battre et pourquoi ? 

Battre n’est pas la finalité. Je préfère la notion de me différencier. L’idée n’est pas d’imiter ou même de faire du copier/coller. Chaque pilote a un style propre. J’essaye de m’inspirer du meilleur de chacun et de me créer un caractère pour me différencier. C’est de là que vient mon leitmotiv : « Define your Style, Design your Flight ». Aussi, si je devais retenir 3 modèles cela serait : Chris Goff pour sa créativité, Mathieu Mayet pour sa propreté et Richard Debray pour son coté métronome. Quand ils volent, ils chacun ont des talents spécifiques mais une classe évidente ! Il y en a aussi d’autres qui m’ont et continue à m’émerveiller. Malheureusement, je n’ai pas connu l’ancienne époque. Celle de SKY DANCE, TSUNAMI, AIRKRAFT, mais aussi de Christophe CARDON, Pierre MARZIN ou bien encore Andy PRESTON, des précurseurs de ce que nous connaissons et faisons désormais. Au final, je puise mon inspiration au gré des rencontres, des courants actuels ou des tendances passées.

Généralement je vole selon mon envie du moment ou des échéances à venir. Actuellement je m’entraine beaucoup en Machine (le cerf-volant de Yasu Numata) et en individuel c’est un « Back to Basics » avec l’intemporelle Masque. Vraiment ce kite est d’une présence et d’une élégance remarquable ! Tout comme le North Shore, un appareil que j’ai récemment acquis.  Là, je suis dans une période Old School avec une finalité « Massive Acurracy & Classic Precision » (Haha). Ces dernières années je me suis fait énormément plaisir avec le Slash pour ses capacités de vol, sa technicité et son caractère affirmé et je continue toujours de voler en Curve pour des plus pauses récréatives et épileptiques de freestyle. En fait, j’ai beaucoup d’AtelierKitesTM dans ma house, c’est sincèrement ce qui correspond le mieux à mon identité et à mes attentes 😉

Aujourd’hui, qui remercierai-tu le plus ? nicolas-le-roux-a-penvins_tanguy-marchand-1-2-copier

Enormément de monde ! Si je devais les citer je suis déjà sûr d’en oublier. En fait, ce sont les acteurs de notre milieu acrobatique. Que cela soit les festivals d’ampleur international, les conviviales à la cool, les compétitions officielles, les concours complètement officieux improvisés avec les potes, les fabricants, les instances dirigeantes, les associations ou même les pilotes sans étiquette … Au-delà du carcan fédéral, nous avons tous une place et un rôle à jouer. Après le plus compliqué est de trouver. Je pense que j’ai, pour le moment, la mienne. En tout cas, je me sens bien dans notre sphère actuelle du cerf-volant. J’ai découvert l’activité pour le plaisir procuré,  les sensations de vol et aussi l’envie d’en assimiler les techniques. J’ai pas mal voyagé, j’ai fait de belles rencontres et lié de sincères et réelles amitiés. A l’avenir, j’aimerai continuer à partager cette passion qu’est notre discipline, toujours progresser pour repousser mes limites de vol, mes envies de voyager et sans jamais oublier de me faire plaisir. J’ai également des objectifs qui me motivent et je vais tout faire pour les atteindre !

Ceux qui ont participé à ton lancement sont-ils aujourd’hui fiers de toi ? 

C’est difficile de parler en leurs noms. Je ne sais pas. Pour cela, il faudrait directement leur demander. Ça pourrait même faire le concept d’un prochain article pour AddictKite. « Que pense Mr X de Mr. Y » (Haha).nicolas-le-roux-a-penvins_tanguy-marchand-1-12-copier Pour être plus sérieux et en revenir à la question initiale, oui, je l’espère … En tout cas, je me suis donné les moyens pour devenir qui je suis maintenant. Avec du recul, je ne sais pas si en habitant à Clermont ou à Paris j’aurai eu la même motivation et la même implication dans la pratique. Je savais qu’en allant à Penvins je volerai. J’ai été un privilégié. J’ai enchainé de nombreuses sorties par tous les temps.  Cela est très formateur ! A mes débuts, j’ai tellement volé que j’ai rincé et usé la voile de mon césium jusqu’à son dernier carré de spi. Le tout en moins de 6 mois ! J’avais vraiment les crocs pour m’améliorer, atteindre la perfection « du détail nait la perfection » m’avait-on enseigné lorsque j’étais en sport étude Judo. Je me rappelle aussi d’un été où j’ai enchainé les sessions jusqu’à totaliser pas moins de 250 heures de vol en moins de 2 mois. Soit un 35h/semaine ! (rires). Mais l’essentiel était, est et sera toujours de se faire plaisir, aussi personnel soit-il.  Notre discipline qu’elle soit de détente, de loisirs ou sportive, l’essentiel est de s’y épanouir.

Une dernière remarque ?

« Si Travailles, Arriveras » a dit un jour dit un pilote fort respecté sur et en dehors des terrains de cerf-volant.  Et c’est complètement la vérité, pour le kite ou même la vie en général. Alors les gars, donnez-vous les moyens et montrez de quoi vous êtes capables !

 

2 pensées sur “Champions Story, Nicolas Le Roux

  • 24/09/2016 à 21:18
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    J’ai fait la connaissance “en vrai” de Nicolas lors du festival de Penvins 2016. Un gars très sympa. J’ai aussi été impressionné par les démos qu’il a faites à cette occasion.

    Bravo et bonne chance pour la suite, l’artiste. Tu nous bottes !

     
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  • 25/09/2016 à 01:38
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    Bravo Nicolas,

    Continue à nous faire rêver et à surfer sur la vague des plus grands champions de sport kites.

    Bonne continuation !

     
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