Différence entre les formats ou types de compétitions qui existent.

Après l’Open de France, pendant le Festival de l’Air de Fréjus, nous avons voulu savoir et comprendre, la différence entre les formats ou types de compétitions qui existent.

Certains d’entre vous se posent certainement la même question, c’est pourquoi nous nous sommes rapprochés de ceux, qui nous semblent les mieux placés pour répondre à cette question.

Il ne s’agit pas ici, d’avoir un avis positif ou négatif. D’ailleurs chacun pourra s’exprimer en commentaire. Mais simplement un retour d’informations précises, pour les pilotes qui aimeraient, pour la prochaine saison, s’y inscrire.

C’est à la rencontre de R-SKY Event que nous avons décidé de poser nos questions

AK : La multiplication des formats de compétitions est certainement une bonne chose pour notre sport, mais nous pensons qu’une bonne explication pourra orienter les pilotes. Alors quelques questions s’imposent, pourquoi, comment … ?

R-SKY Event : C’est un vaste sujet  🙂
Il y a beaucoup de choses à dire, a expliquer. Mais avant tout, nous ferons un constat. Nous ne sommes pas en « concurrence » avec la FFVL, comme nous pouvons l’entendre au hasard des rencontres, celle-ci est plutôt favorable et soutient nos compétitions, depuis l’Olympiade de Nicolas Lormeau, et naturellement la nouvelle Présidente du CNCV, a pris le relai. Parfois nos avis, nos chemins, nos méthodes sont différentes. Nos contraintes ne sont, aussi, pas les mêmes.
Parfois nos débats sont houleux, mais les échanges d’idées, la concertation, permet d’avancer ensemble, pour le bien des pilotes.

AK : Expliquez-nous en détails les différents formats

R-SKY Event : Nous avons participé à tous les formats depuis 25 ans ! Ce qui nous permet aujourd’hui une analyse, un avis personnel.
Tous d’abord, le format « classique » anciennement STACK. Le premier format de compétition officiel, dont le « rule book » a été rédigé par Hans Jansen Opde Haar. Format adopté dans le Monde, et géré par le STACK, une ˝pseudo association Européenne˝ mais plus sérieusement devenue aujourd’hui l’IRBC (International sportkite Rule Book Committe), l’AJSKA, (All Japan Sport Kite Compétition Association) au Japon et l’AKA (American Kitefliers Association) aux USA.

Un format qui sert de référence à la FFVL, pour La Coupe de France et le Championnat de France et toutes les manches de ligues.

Constitué de 3 épreuves :
– Figures de précision
– Routine libre
– Ballet
– Noté par des 3 Juges fédéraux
Pour toutes les catégories, team, paire et individuel 2 ou 4 lignes.

Ensuite est apparu dans les années 94/95, sous l’impulsion des Anglais et plus précisément de Andy Wardley (créateur de l’Airbow).
Le Tricks Contest, qui  voyait s’affronter 2 pilotes, pendant 3 rounds de 30 secondes et jugé par d’autres pilotes

En 1999, le premier Tricks Party, co-écrit par Sylvie Salomon et Roger Tessa-Gambassi, voyait le jour au Cap d’Agde, lors du grand festival Cerfvolantissimo, organisé par Michel Trouillet.
Une seule épreuve au départ et 12 tricks à réaliser dans un ballet.
Le format et le règlement ont ensuite évolué, pour aujourd’hui avoir 3 épreuves :
– tricks imposés
– expression libre 1 minute
– Ballet avec neuf tricks
– Juges et Directeurs de terrain formés par les créateurs

Des compétitions libres et privées ont vu le jour depuis, comme l’Europale Cup, organisée de nombreuses années par Dominique Miquet.
Juste un ballet était nécessaire pour y participer. Elle servait de référence aux pilotes Européens

L’indoor, impossible d’en parler. Puisque jamais vu, ni participé à ce type de compétition.

Et puis depuis 4 ans les Masters sont arrivés.
– Jugement en live sur smartphone
– Juges et DT ˝privés et fédéraux˝
– Fauteuil podium

Et en 2017, l’Open de France
– 3 Juges fédéraux
– Notation sur smartphone

AK : Ah quand même ! Mais pourquoi tous ces formats ?

R-SKY Event : La compétition est humaine, l’homme ou la femme aime être confronté aux autres, ne serait-ce que pour connaître son niveau et le faire progresser.
Et puis l’histoire, les pilotes, les envies, le style, tout a progressé, et les formats ont suivi.

AK : Et donc ?

R-SKY Event : Et donc, il y a 25 ans, il y avait beaucoup de pilotes, dans toutes les catégories. Il fallait les noter sur différentes épreuves, pour en faire un classement. En France, pour les individuels, il y avait même plusieurs groupes, les experts, les espoirs (à vérifier pour les noms) des Championnats de France avec groupes A et B.
Il a fallu faire des qualifications, en régions, donc la FFVL a créé des ligues.
Et puis le freestyle est arrivé, les pilotes étaient en demande. Ils voulaient que les tricks servent leurs chorégraphies, mais force étaient de constater qu’un début d’allergie naissait dans les rangs des juges nationaux.
Le Tricks Contest a vu le jour, mais il ressemblait plus à un défoulement pour les pilotes individuel, qu’a une vraie compétition réglementée.
C’est pourquoi le Tricks Party est né. Jusqu’à l’organisation d’une Coupe du Monde en 2005 au Cap d’Agde, 18 pays et 150 pilotes. Les pays présents ont adoré le format et la plupart ont décidé de l’utiliser. Un gros travail de formation et de traduction a été fait, tous ensemble avons travaillé de concert pour faire évoluer le format, et centraliser les informations, tutos vidéos calendrier et résultats sur un site internet http://trickspartybe.com

AK : Mais les dernières ont pratiquement disparu et seul le format FFVL perdure ?

R-SKY Event : Oui et non ! Les créateurs du Tricks Party ont signé une convention avec la FFVL pour son utilisation, et créer un titre national de freestyle. Le format classique est toujours vivant puisque il est le seul, en référence, pour valider des titres nationaux, européens ou mondiaux.
Quant aux Tricks Contest, Dominique Miquet aura organisé les derniers …

AK : Mais les raisons de tout ceci ? Un avis perso ?

R-SKY Event : Vous, vous voulez que l’on se fight avec tout le monde ? 🙂

AK : Non, des faits, juste des faits  🙂 

R-SKY Event : En même temps, nous sommes connus pour dire ce que nous pensons. La passion nous anime depuis 25 ans, et nous avons toujours voulu que ce sport avance et soit reconnu. Les pilotes ne font pas des sauts périlleux a 10 m de haut, ne surfent pas sur une vague. Mais sont là, proches du public, au contact !
Nous pensons (aie c’est parti), mais ce n’est vraiment qu’un avis personnel. Que le format de référence a eu le mérite d’exister mais qu’il est en fin de course. Autant, certains pilotes l’adorent, mais pour autant, il n’y en a plus assez pour le faire vivre. Un format lourd, qui n’a jamais vraiment trouvé sa place dans de grands festivals, excepté Berck, pour la seule catégorie des Teams !
S’accrocher à un format sur le déclin, ne sert pas l’activité. Alors peut-être que celui-ci n’est pas si mauvais, mais seulement mal exploité.
Cependant, les villes qui accueillent nos événements, et les autres, n’ont aucune possibilité de mettre en place 2 voire 3 terrains de 100x100m pour ce format. Trop lourd et pas assez fun. De plus nous entendons dire que les pilotes peuvent très bien se passer de public, ce qui est pour nous une ineptie.
C’est pourquoi après avoir organisé quelques dizaines de compétitions et après une pause de quelques années. Le constat nous a sauté aux yeux ! Le nombre impressionnant de pilotes a disparu et La fréquentation des compétitions est plus que morose.
Pourtant, la volonté de ceux qui restaient, étaient de compétiter !
Nous pensons depuis toujours, que la compétition est l’élément essentiel pour le commerce, les fabricants, la FFVL. Trouver et fédérer de nouveaux adeptes dans un public qui viendra nombreux voir, assister, rester sur chaque prestation, si le format est fun !
Trop de règles ont tué les compétitions. Même le Tricks Party ! Pourtant fait pour les pilotes.
Le type de format clés, sans prêcher pour notre paroisse, est le celui des MASTERS. Pas de règle, pas de terrain, pas de disqualifications, pas de limite de vent. Seule la sécurité impose ses limites. C’est un format simple, un ballet ! Une notation 50/50, technique et chorégraphie.
La technique des pilotes est énorme, et le retour au joli ballet construit est en cours.
Nous pensons que les teams se sont vite adaptés à ce format en venant à Narbonne. Des lignes plus courtes, surtout pour CVF avec leurs 6 pilotes et 47m de lignes.

Une grande concertation doit être envisagée, un travail doit se faire, sur la formation des juges, des pilotes aux chorégraphies. Les organisateurs privés peuvent se mettre aux services de la FFVL, comme pour l’Open de France.
Nous croyons qu’un grand respect des pilotes doit aboutir, les mettre en valeur est essentiel. Nous y travaillons tous les jours.
On ne peut pas se féliciter de l’immobilisme et encore moins revenir en arrière. Ou juger et qualifier des compétiteurs au titre national par vidéo, ça n’a pas de sens. Se poser les bonnes questions et se remettre en question n’a rien de compliqué. Se déplacer pour voir ce que font les autres non plus.

Nous n’avons rien inventé, mais seulement regardé, observé et mis en application ce qui fonctionne ailleurs. Le skateboard a subit les même épreuves, une fédé s’était créée et a organisé des tas d’épreuves sur des parkings, pour finalement mourir à petit feu, partir et réfléchir à nouveau. On voit le résultat aujourd’hui !
Avec l’arrivé du Snowboard, le ski s’est aussi remis en question, on en voit maintenant les effets bénéfiques.

Même si il y a encore beaucoup à dire, la décision de participer aux compétitions revient aux pilotes. S’il s’y sent bien, s’il est bien accueilli, s’il se sent bien jugé, s’il est mis en valeur, s’il sait qu’aucune ligne rouge lui fera regretter d’être venu et s’il entend des applaudissements à la fin de sa prestation, et si en plus il repart avec un joli trophée, alors il reviendra !

Nous sentons un renouveau, un engouement des pilotes à vouloir s’investir dans de nouvelles compétitions. Seul le travail, le recul et l’objectivité permettront d’avancer et de terminer le chantier qui nous attend tous.

Alors qu’est-ce qu’on attend ?

 

 

 

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