Le nouveau responsable compétition cerf-volant à la FFVL, Marc Levesque.

Tu te retrouves sur le devant de la scène après ta nomination au poste de responsable compétition cerf-volant à la FFVL. La planète cerf volant te connait peu, prenons un moment pour te découvrir…

Alors en premier lieu qui es-tu ? et d’où viens-tu ?

Bonjour, je me nomme Marc Levesque, j’ai 47 ans et je suis informaticien (full stack .Net pour une Société de Service de Rouen).
Je viens de Sandouville dans la banlieue du Havre (en Normandie, donc).
J’ai commencé le cerf-volant il y a un peu plus de 10 ans, tout seul d’abord, puis j’ai rejoint une asso principalement orientée monofil, il y a 6 ans, avant de la quitter pour fonder un club (Eo’Kite) un peu plus orienté « pilotage ».
Avec mon partenaire de vol, Anthony, je me suis lancé dans la compétition (en format classique 2 lignes) il y a 4 ans (paire « Alter Ego »). Depuis peu, je m’essaie aussi en individuel, toujours en format classique 2 lignes.

D’où vient ta passion pour le CV ? et depuis combien de temps es-tu dans cet univers ?

En tout premier lieu, de ma femme qui faisait du 2 lignes pendant ses études et m’a initié un jour, pendant des vacances en Bretagne, il y a une bonne dizaine d’années.
À partir de là, j’ai eu envie de voler aussi souvent que possible, même si cela restait très sporadique au début (2 ou 3 week-end par an seulement).
Et puis, en 2011, je suis tombé, par hasard, sur le festival « Le Week-End du Vent », à Carolles, pendant lequel je suis resté scotché devant les démos de Laurent Marcy, Steff Fermé, et bien d’autres… Cela a été comme une révélation. Je voulais faire comme eux ! (pour l’anecdote, je n’y arrive toujours pas, mais je m’accroche).
L’année suivante, j’ai tout fait pour retourner voir ce festival et après quelques hésitations, me suis lancé à la rencontre de pilotes, dont David Bonnaud et son fils Christian qui, du haut de ses 7 ou 8 ans, à l’époque, m’impressionnait énormément… Ils ont tous été formidables et m’ont accueilli tout le week-end comme si j’avais toujours été des leurs. J’avais l’impression d’intégrer une grande et belle famille. Ils m’ont appris qu’il existait des forums, des clubs, une fédé…. Bref, le soir même je fouillais sur internet quelques semaines plus tard je m’inscrivais au club le plus proche (Fécamp :Atout Vent).

Es-tu un pilote que l’on peut croiser sur les terrains ? que préfères-tu: 2 lignes, 4 lignes ou monofil ?

Plutôt, oui, à ce qu’il me semble ! J’adore l’ambiance des festivals et conviviales et j’ai la chance d’avoir une femme qui partage ma passion pour le cerf-volant, alors… généralement on commence la saison en passant la semaine à Berck-Sur-Mer pour le festival et on termine nos sorties vers fin octobre. Bien sûr, comme nous venons de Normandie nous avons surtout rayonné, jusqu’à présent, dans le quart nord-ouest. Mais nous aimons aussi beaucoup découvrir les manifestations que nous ne connaissons pas encore, et sommes donc amenés à nous éloigner de plus en plus de notre région à l’occasion.
Côté pilotage, je suis un « touche à tout ». Même si je suis plus volontiers 2 lignes (mes premières amours), en particulier pour les démos et la compétition, j’apprécie également beaucoup le 4 lignes que je pratique régulièrement, mais, pour le coup, plutôt en solo qu’en équipe. Et puis je fais aussi un peu de monofil et de jardin du vent, en couple (enfin, surtout en fin de journée, quand j’ai mal aux bras d’avoir trop piloté, donc assez rarement quand même).

On rentre un peu dans le vif, te voici nommé au poste de responsable compétition, alors comment en es-tu arrivé là ?

Sincèrement, je n’en sais rien moi-même. Je ne suis pas spécialement extraverti et préfère, habituellement, travailler dans l’ombre.
Cela dit, j’ai toujours eu à cœur de participer, à la hauteur de mes moyens, au développement du cerf-volant sous toutes ses formes et je suis également fermement convaincu que la FFVL a un rôle important à jouer dans le développement de la discipline. C’est pourquoi je n’ai jamais hésité à faire part d’idées, remarques, infos (que je glanais sur les terrains), auprès de personnes influentes, telles que Nicolas Lormeau, lorsqu’il était président du CNCV, et maintenant Evelyne Falaix, le but étant de leur apporter des éléments de la base auxquels ils n’avaient peut-être pas accès du haut de leur fonction, du moins j’aime à le croire.
Cela m’a parfois donné l’occasion de participer à des discussions ouvertes sur certains sujets. Et pour moi c’est là le plus important. Personne ne détient jamais la vérité absolue. Ce qui importe c’est ce qu’il ressort de la concertation et du débat, qui, souvent apportent de nouveaux éclairages sur des choses que l’on croyait établies.
C’est comme ça, par exemple, que suite à une discussion sur l’intérêt des réseaux sociaux pour la communication, que nous avions eu lors de la rencontre des moniteurs et initiateurs en février 2015, Nicolas m’avait demandé de créer et d’administrer la page Facebook « Cerf-Volant Fédération Française ».
C’est peut-être aussi pour cette raison qu’Evelyne s’est tournée vers moi pour me proposer ce poste. Il y a sans doute des actions à mener pour dynamiser la compétition, mais les solutions ne sont pas évidentes. Il faudra débattre, prendre le plus d’avis possible, les compulser pour tenter des évolutions… Je suis rôdé à cet exercice de débat et toujours ouvert à la discussion, un profil qui conviendra probablement pour ce que l’on attend de moi.

Sur quel critère ou projet, le CNCV a fait le choix de te donner cette mission ?

Joker ! Non, sérieusement, comme je le disais précédemment, je ne sais pas exactement.
De projet pour la compétition, je n’en n’avais pas vraiment jusqu’ici (je ne savais même pas encore il y a 2 semaines que l’on allait me proposer ce poste). Cela dit, je suis compétiteur et j’ai entendu, pour ne pas dire partagé, les inquiétudes, doutes, et désaccords des pilotes qui se sont manifestés l’an passé, en particulier pendant le Championnat de France. Comme à mon habitude, j’avais remonté ces données à Tifenn et à Evelyne pour « ouvrir le débat ». Aujourd’hui, on me donne l’occasion d’aller plus loin, de maintenir le débat ouvert pour tenter d’aller au bout de ces réflexions. Je pense que c’est ce qu’Evelyne attend avant tout de moi : être suffisamment ouvert d’esprit et fédérateur pour ramener la cohésion et l’envie dans les rangs des compétiteurs.

À ce jour, certaines voix se font entendre pour un changement, une évolution des formats et des évènements. Quelle est ta position là-dessus ?

Je pense qu’il faut rester ouvert, à l’écoute, de toutes les suggestions et idées novatrices.
Cela ne veut pas dire qu’il faut tout révolutionner par un simple claquement de doigts ou rejeter en bloc l’existant, mais sans doute travailler pour l’adapter à l’air du temps.
Le format classique, tel qu’on le connait, est adapté à l’attente d’un certain nombre de pilotes et teams et il est conforme à une vision internationale « inter-fédérations ». Même s’il est sans doute perfectible, je pense qu’il est important de le maintenir en l’état (ou presque). Ne serait-ce que par respect pour les personnes qui ont travaillé d’arrache-pied pendant plusieurs années pour que le règlement français soit aligné sur le règlement IRBC qui régit les compétitions internationales.
Cela n’empêche pas, cependant, de réfléchir à d’autres formats, par exemple, pour les régionales ou pour proposer un certain nombre d’autres compétitions complémentaires (open, concours, coupe…), moins officielles, peut-être, mais qui devraient tout de même être soutenues par la FFVL.
– D’un parce que ces formats semblent plaire aux pilotes et c’est déjà là le plus important afin de rester dans le loisir et le « fun ».
– De deux, parce que le côté « show » de ces formats émergents plait aussi beaucoup au public et peut donc plus facilement s’intégrer dans d’autres manifestations de type festival dans une relation gagnant-gagnant avec les organisateurs.
– Enfin, et surtout, parce que tout moyen est bon pour promouvoir le cerf-volant et donner l’envie à des jeunes (ou moins jeunes) de se mettre au pilotage et rejoindre les rangs de la FFVL pour devenir, peut-être, les compétiteurs de demain, comme ce fut le cas pour moi (et pour tant d’autres).
Sans compter qu’il faut aussi savoir suivre les courants et tendances, vivre dans l’air du temps et ne pas craindre le changement, sous peine d’être boudé et de s’éteindre.
Il est encore trop tôt pour le dire, mais qui sait ? Peut-être qu’un jour le succès de ces nouveaux formats amènera les fédérations internationales à souhaiter le changement et que l’on assistera à une révision du règlement IRBC…

En tout cas ceux sont des sujets auxquels je ne suis pas indifférent, bien au contraire. À titre personnel, j’y serais même plutôt favorable et ces sujets seront au programme des débats de la commission en 2018.
Néanmoins, mon rôle m’impose de prendre tout le recul nécessaire et d’être le garant du règlement, notamment vis-à-vis de l’IRBC. Donc, en attendant, il nous faudra sans doute conserver, ad-minima au niveau du Championnat de France, le format classique actuel.

As-tu des projets à cours terme dont tu peux nous parler ?

Oui, mais à titre perso, cette fois. J’avais l’intention de monter un team avec quelques pilotes assez prometteurs de mon club et de clubs voisins. Pas forcément pour la compétition, dans un premier temps, car il nous faut le temps d’apprendre à voler correctement ensembles avant de nous lancer, mais pour le plaisir et, pourquoi pas, un peu de démo pendant les manifestations où nous nous rendons.
Avec cette nouvelle fonction, je ne sais pas si je pourrais mener ce projet à bien, du moins à court terme, parce que ça demande pas mal de temps… Mais à plus long terme, je suis sûr que j’y parviendrai…

Ok, ensuite le manque de présence et de communication de la précédente responsable a souvent été montré du doigt. Pour toi, est-il important d’avoir une relation sur les terrains avec les pilotes en te déplaçant pour les compétitions et autres évènements majeurs durant l’année ?

Oui, c’est évident. On a tous besoins de repères et il est toujours bien vu de rencontrer physiquement des responsables de la Fédé.
En même temps, il est difficile de pouvoir être présent partout et tout le temps. Sur des évènements majeurs tels que le Championnat de France, en tout cas, cela me semble essentiel. Il est naturel et humain que les pilotes puissent rencontrer et parler à leur(s) responsable(s). Et je pense qu’il est tout aussi important qu’en tant que responsable de la commission, je connaisse et parle avec les pilotes. Sinon, comment pourrais-je connaitre leurs attentes, leurs satisfactions et insatisfactions,… ?
Comme j’ai par ailleurs un boulot assez prenant qui ne me permet pas toujours de me libérer facilement en dehors des samedi et dimanche, il est malheureusement possible que je ne sois pas systématiquement présent sur tous les sites de compétition, en particulier s’ils se trouvent trop distants de mon domicile mais, pour en avoir déjà parlé avec Evelyne, nous ferons tout notre possible pour qu’il y ait toujours au moins un représentant de la commission compétition, ou l’un de nous deux, en personne.

Je reviens sur les formats de compétitions, actuellement de nouveaux formats hors FFVL émergent en Freestyle mais aussi en format « classique évolué ». Quel est ton point de vue là dessus? et pour toi est-ce une bonne chose ?

Sur le freestyle, je n’ai pas d’à priori. Je ne suis pas moi-même un grand adepte, tout du moins, je ne suis pas doué pour ça (et ce n’est pas faute d’essayer).
Je compte donc beaucoup sur l’expérience et la compétence en ce domaine de Roger Tessa-Gambassi, référent freestyle pour la commission. Pour l’instant je n’ai pas encore assez d’information et de recul pour évoquer convenablement ce point et je préfère donc me taire plutôt que de dire des âneries. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a une attente et que ce n’est pas un hasard si la FFVL a tenté d’y répondre en mettant en place une Coupe de France Freestyle. Une nouvelle édition devrait d’ailleurs avoir de nouveau lieu cette année. Encore une fois, je ne sais pas s’il y aura lieu de toucher au règlement de cette épreuve en particulier, mais il sera de bon ton, quoiqu’il en soit, que nous soutenions et nous associons, d’une manière ou d’une autre, aux compétitions, même non officielles, de freestyle.
Concernant les formats classiques « évolués », je pense avoir déjà répondu. Je n’y suis pas personnellement opposé, bien au contraire, mais c’est encore trop « frais » pour en faire LE format de compétition classique du Championnat de France. Cependant, ce sera un axe de réflexion au cœur des débats de la commission sur 2018, c’est indéniable.

Le manque de communication du CNCV a créé certains quiproquos sur les compétitions 2017, quelles solutions pourront être mises en place pour 2018 ?

C’est également un des sujets que je compte effectivement aborder avec les autres membres de la commission au plus vite.
La communication, c’est le nerf de la guerre. On peut avoir les meilleures idées et intentions du monde, si on ne sait pas les communiquer à tous, dans les temps, et de façon suffisamment claire, on ne parvient pas à les faire passer.
Surtout, il ne faut pas oublier qu’il y a un règlement, qui vaut ce qu’il vaut, mais qui est censé être connu de tous et qui fait foi.

D’après moi, ce qu’il faut éviter avant tout, ce sont des changements au fil de l’eau, mal documentés et communiqués au point que plus personne ne comprend et ne sait en retirer le faux du vrai.
Je ne souhaite pas précipiter les choses pour risquer de retomber dans le même schéma. Il faut que la commission se réunisse (une première réunion aura d’ailleurs lieu d’ici à fin décembre), débatte d’un certain nombre de sujets qui ont été à l’origine des quiproquos que tu évoques afin de prendre une position claire, nette et collégiale, recueillant l’approbation de la majorité des membres de la commission (qui est principalement composée, pour rappel, des représentants des pilotes, élus lors de la dernière manche du Championnat de France, et des juges…). Ensuite et seulement ensuite on pourra communiquer sans équivoque des éventuels aménagements que l’on aura décidé d’apporter au règlement pour la tenue, notamment, des régionales. Mais plus important, surtout, il faudra amender le règlement en conséquence pour qu’il n’y ait aucune ambigüité possible car, encore une fois, en cas de litige quelconque, c’est le règlement qui fait foi.
Concernant les vecteurs de communication proprement dit, nous utiliserons les moyens habituels :
– publication sur le site officiel de la FFVL, dans la rubrique « compétition »
– relayé par la page Facebook « Cerf-Volant Fédération Française »
– et accompagné d’un mail à l’intention des présidents de club, à défaut de pouvoir l’envoyer directement aux compétiteurs eux-mêmes (il faut que je vois avec si c’est possible).
Il suffira de surveiller un peu ces supports pour avoir toute l’information nécessaire.
Quant à moi, je m’astreindrai à ce que les décisions entérinées par la commissions soient publiées chaque fois au plus vite. De même pour les compétitions pour lesquelles je ferai en sorte de publier les résultats dès qu’ils me parviendront.

Merci pour ces réponses, AK est un web magazine créé et géré par des passionnés et cette relation avec le CNCV est importante pour les lecteurs et les passionnés.

Merci Marc Levesque, pour Addict Kite le Mag de Damien Chaperon.

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