Un Roller pour le Kite Aerial Photography (KAP)

Bonjour à tous,

Aujourd’hui Stéphan Brault, pilote passion comme nous tous, nous fait son retour sur un mono-fil, le Roller…

Il l’utilise pour faire de la photo par cerf-volant dite KAP, et nous propose donc de découvrir les difficultés rencontrées ainsi que le choix de son matériel. Il nous dévoile également la construction de son mono-fil avec la plus grande passion.

Merci Stephan Brault pour ton retour.

L’équipe d’Addict Kite le Mag.

Un Roller pour le Kite Aerial Photography (KAP).

Chacun de mes cerf-volant a une histoire, plus ou moins longue…

Depuis longtemps la pratique de la photo et du cerf-volant font partie de mes loisirs. Alors quand j’ai vu les magnifiques photos d’Alban au festival de Berck, je me suis dit qu’il fallait que j’essaie ce truc. C’était il y a trois ans, car pour moi les loisirs ne sont jamais passion alors je progresse à mon rythme.

La rencontre avec Alban fut la première rencontre de la naissance de ce cerf-volant. Il m’a décrit le trio KAP: cerf-volant/nacelle/appareil-photo. Pour lui à cette époque, c’était Delta 3 ou 4 m d’envergure/nacelle bouteille home-made/appareil Pentax WG1. Il m’a aussi parlé du forum photocerfvolant.free.fr, le forum francophone d’échange sur la photo aérienne par cerf-volant.

Alors on rentre chez soi, des idées et des couleurs plein la tête, comme après chaque festival, et on fait tourner la boite à Google : forums, shops, images… Bon ! Il faut maintenant que je m’équipe, et comme je n’ai jamais construit de vrai cerf-volant ce serait aussi la bonne occasion. On retourne sur internet pour des avis, des plans, des idées… Mais rien ne ressort vraiment qui me plaise car, comme d’habitude, le choix est vaste : un cv pour le KAP c’est le plus souvent Delta, Rokkaku ou Lifter, avec chacun ses qualités et ses défauts.

Les 3 sont de bons porteurs stables avec chacun quelques inconvénients.

Delta : nécessite de grandes barres et une belle surface pour atteindre minimum 3 m d’envergure et peut s’avérer instable si la construction est douteuse.

Rokkaku : facile à construire, porte bien dès 1,80m d’envergure mais il possède un bridage et des vergues arquées qui peuvent être difficiles à bien régler et est souvent très tracteur quand le vent forcit.

Lifter : avec ou sans structure, souvent de gros cerf-volant très utiles pour emporter un Reflex et tout le matériel de télécommande. Mais comme moi je souhaite faire léger et facile à construire, je n’en ai pas trouvé qui me convienne. Je vais garder ce projet pour plus tard car l’idée d’un cerf-volant sans structure m’intéresse beaucoup.

Bref, le tableau peut paraitre sombre et jamais parfait. Mais comme souvent, les gens ne s’expriment que quand ça ne va pas ! Alors le projet a sommeillé…

C’est une nouvelle rencontre qui a réveillé ce projet. Avec le forum aufilduvent.forumactif.com, plutôt dédié aux cerfs-volants pilotables, j’ai croisé le chemin de Damien Grosclaude cet été. Il pratique le KAP avec un petit delta (à barres emboitables peu encombrantes) acheté sur un shop internet et une petite nacelle motorisée, avec un Appareil Photo Numérique (APN) très compact. On approchait de mon concept à part du côté de la construction qui me faisait toujours aussi peur pour les Deltas. C’est la troisième rencontre de forum qui va aboutir à la décision : Nicolas Gérard (Nicoger) présent sur les deux forums précités. Il fait du KAP surtout avec un Clown…

«Il est marrant ton cerf volant, et super stable, et il tire juste ce qu’il faut, c’est quoi ? – C’est un Roller.»

Alors là ! C’est le cerf-volant qu’il me faut ! Et c’est reparti pour une tempête de cerveau.

Les Rollers :

Sans trop de recherche, les Rollers apparaissent facilement dans la construction car c’est un très vieux concept. Tout d’abord issu du Roloplan de Steiff (un marchand de jouets Allemand).

Puis repris par Pearson et Metzger.

Pearson : avec une plus grande surface haute et parfois des vergues arquées comme un Rokkaku.

Metzler : bridage simple et partie basse plus grande.

Après, tout peu arriver…

Hyper ventilé.

Modifié et peint par Michel Gressier.

Le Maxi Dopero : Double Roller avec 2 axes verticaux (appelés Spines), souvent avec de très grandes surfaces.

Pour moi ce sera donc le type Metzger !

J’ai récupéré les côtes du clown qui n’est plus commercialisé donc supposé libre de copie et adapté à mon idée.

Un logiciel simple de dessin type Paint pour calculer un panneautant à l’échelle en comptant les pixels à l’écran.

Et je me fabrique les gabarits des pièces avec des chutes de contre-plaqué et du carton.

Je trace directement au crayon sur du spi avec des sur-mesures de 5 à 35mm pour les découpes.

Moi j’avais pris 1cm tout autour de chaque pièce mais il faut beaucoup adapter au type de couture à faire.

Pour assembler 2 panneaux, 5mm suffisent.

Pour les bords, 15 mm permettent de replier 2 fois pour faire un ourlet comme sur le schéma ci-dessous.

Et 35mm pour faire un gros ourlet qui permet de passer une barre.

Cela mérite un vrai temps de reflexion avant le tracage. Pour cette opération, je suis allé trop vite et cela m’a compliqué la tâche pour la couture.

Pour la découpe, une simple paire de ciseaux suffit.

Pour la couture, c’est assez simple, il suffit de coller les panneaux «trait sur trait» avec un stick de colle et c’est parti… Moi j’ai utilisé le 3 point zigzag pour la liaison des panneaux, et la ligne droite pour le reste. Attention, il faut vraiment porter un grand soin à la symétrie.

On se retrouve donc avec une voile complète, il faut ensuite fabriquer des renforts aux angles qui portent les barres. Le système de la photo ci-dessus semble solide et permet d’amortir des changements de vent.

Les renforts sont réalisés avec un simple morceau de dacron décousu sur un vieux cv et un élastique passé dans un embout fendu. Les trou sont percés avec un fer à souder.

Attention, ça marche très (trop) bien.

Encore une fois, pour la liaison entre les voiles haute et basse, il faut être très précis sur la symétrie (j’avais réglé trop vite avec les doigts froids sur le terrain et le cerf-volant piquait : re-mesure au chaud : les brides de 25,5cm mesuraient entre 24 et 27,5, Oups !!!).

Tout le matériel a été récupéré sur mes vieux cerf-volants du grenier : élastique, barres, raccords, lignes  et embouts. Juste les raccords dièdres qui m’ont été offerts par un membre de forum.

Pour le bridage, j’ai effectué un nœud supplémentaire sur les brides haute et basse pour modifier l’incidence du cv en fonction du vent mais je n’ai pas encore testé.

Et une simple boucle pour faire une tête d’alouette mobile.

La bride basse a été faite en partie avec un gros élastique pour également amortir les vents trop forts. Eh oui, le vent en haut pourrait être beaucoup plus fort qu’en bas je préfère prévoir !

Là, on a tout. Il faut aller sur le terrain. Et au premier vol : c’est stable !

Alors c’est bon, il va falloir lui accrocher un appareil photo. Je retourne vers Alban qui me conseille les modèles Pentax WG-1,2 ou 3 pour plus de facilité dans les réglages, un intervallomètre simple étanche et antichoc. J’ai donc trouvé un WG2 d’occasion (toujours dans la récup) pour moins de 80€ sur le fameux site de vente de particulier à particulier…

Il reste dans le trio : La nacelle.

Ce sera encore de la récup avec la colonne de mon premier pied d’appareil photo qui dormait dans le garage.

Fixé à un simple morceau de tringle à rideau et des têtes d’alouette sur la ligne. J’ai rajouté un morceau de bride pour fixer le mousqueton en sécurité sur la ligne.

Et donc première photo qu’il m’a simplement fallut légèrement redresser :

C’est qu’un début, mais après, il me reste à me perfectionner sur le cadrage…

Donc je suis heureux de pratiquer ce loisir qui m’a permis de recycler un peu de matériel et qui va agrémenter mes déplacements.

Voici donc un plan parmi d’autres pour vous permettre d’oser…

 

 

 

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