Interview de David Morley pilote 2lignes ENG/FRA
Bonjour David peux-tu te présenter ?
Bonjour, je m’appelle David Morley, 40 ans, je suis originaire d’Angleterre mais maintenant j’habite en Normandie. Je suis le leader et membre fondateur de l’équipe Scratch Bunnies, actuellement je fais les démonstrations avec l’équipe française Cerfs-volants Folie. Aussi je suis un membre du comité international pour les règles des compétitions du cerf-volant (IRBC).
Depuis combien de temps fais-tu du cerf-volant 2 lignes ?
Depuis que j’avais 14 ans, cela fait donc 26 ans que je fais voler des cerfs-volants. Pendant la majorité du temps j’ai volé en équipe (2 lignes), donc c’est ma discipline principale dans laquelle j’ai beaucoup d’expérience.
Comment as-tu commencé le cerf-volant 2 lignes ?
Chaque année en vacances mes parents achetaient un petit cerf-volant pilotable pour moi et mon frère et on les faisait voler sur la plage. Nous avons pris beaucoup de temps à démêler les lignes après chaque crash, mais c’était rigolo et je l’ai adoré.

Une année par chance, il y avait un festival de cerf-volant près de là où nous étions. Nous n’avions jamais vu un spectacle comme ça avant – le ciel plein de couleur. Malheureusement, notre cerf-volant a cassé après 5 minutes dans les vents forts, mais nous en avons acheté un autre meilleur chez un vendeur spécialisé sur le festival.
Après ça la graine était plantée et quand on est rentré après les vacances, on a découvert par chance qu’il y avait un nouveau club de cerf-volant qui avait juste été créé dans notre région. Nous nous sommes inscrits vite et pas longtemps après j’ai goûté ma première session de vol en équipe. Je suppose que le reste appartient à l’histoire, comme on dit.
Peux-tu nous dire 3 anecdotes de sessions qui t’on marqué et pourquoi bien sûr ?
Je crois que la session la plus notable était la session pendant la semaine pour notre premier championnat du monde à Berck sur Mer en 2003. Au début, on a décidé de refuser notre invitation de l’organiseur Gérard Clément parce que nous n’étions pas une équipe sérieuse, mais il a insisté pour que nous participions à la compétition, donc nous y sommes allés.
Nous sommes arrivés sans routine, juste avec notre choix de musique. Donc nous sommes restés dans l’hôtel et avons bossé une routine pendant le premier week-end. Bien que nous n’ayions pas de routine, nous étions calmes – nous étions juste heureux de participer à la compétition. Nous savions que nous n’avions aucune chance de gagner, donc nous avons décidé de nous amuser le plus possible.
Avec cette attitude détendue, nous avons eu de bonnes notes le premier jour contre beaucoup d’équipes qui était hyper stressées. À la fin de la semaine on était 5ème ! Pas un podium, mais on était très content. Je crois c’était le début pour nous pour avoir une approche diffèrente pour les compétitions.
Une autre session notable c’était en le Koweït. Les organisateurs ont nettoyé et aplati un espace dans le dessert et mis de grandes lumières autour. Nous pouvions voler toute la journée et la nuit si on voulait. Nous n’avions pas volé longtemps quand une tempête de sable s’est approchée du site du festival. Tout le monde a couru vers les grandes tentes, mais nous avions décidé de rester et voler. C’était une expérience vraiment surréaliste. Nous pouvions voir seulement jusqu’à la fin des lignes. Le monde était bloqué par un nuage rougeâtre.
J’ai entendu un phrase qui dit qu’il n’existe pas de mauvais temps, seulement les vêtements inappropriés. Je suis d’accord avec ça complètement. Quelque fois le meilleur vent vient avec le pire temps, donc préparez-vous avec un equipment de qualité.
La dernière anecdote que j’ai pour vous concerne notre premier vol du nuit à Dieppe. Le vol de la nuit à Dieppe est toujours le clou de la semaine et ça fait voler les mono-fils, les deux-lignes et quatre-lignes tous ensemble sur le terrain principal avec une bande son fabriquée spécialement pour le spectacle. Le terrain n’est pas assez grand pour avoir tout le monde en vol en même temps, donc il y avait un ordre de passage pour chaque cerf-voliste. Nous étions prévus pour voler dans le milieu du spectacle pour juste trois minutes. On a préparé nos cerfs-volants et attendu pour notre tour.
La directrice du terrain nous a trouvés dans le noir et nous a dit qu’on pouvait commencer. Nous décollâmes et nous rendîmes toute de suite compte qu’on avait choisi la mauvaise sorte de cerf-volant. Normalement le vent pour des vols de nuit est léger, donc on a décidé de voler un cerf-volant ultra-léger, mais en fait le vent n’était pas de tout calme et nous étions accablés. Nos cerfs-volants ont volé dans le ciel à grande vitesse avec les grand feux de poursuite qui suivaient chaque cerf-volant. C’était difficile, les cerfs-volants tiraient beaucoup et il n’y avait pas beaucoup despace avec les grands mono-fils gonflables de chaque côté, mais nous avons adoré le challenge et on a profité de chaque seconde.
Nous avons été informés par la directrice du terrain que nous devions poser sur le côté gauche parce qu’il y avait une équipe de quatre lignes sur la droite avec toutes leurs lignes par terre. Mais bien sur j’ai oublié cette instruction quand elle m’a dit que nous devions finir toute de suite parce que c’était la fin de nos trois minutes. J’ai rapidement donné l’ordre aux autres d’attérir immédiatement. Juste avant le moment crucial du poser, quelqu’un a décidé d’éteindre toutes les feux de recherche, donc nous devions faire le poser complètement dans le noir !
Nous avons enroulé nos lignes rapidement et tranquillement, marchant sur toutes les lignes sur lesquelles nous avions atterri. La directrice était un peu stressée mais nous avons fini juste avant le début de l’équipe de quatre-lignes. Je suis retourné à mon cerf-volant et découvert qu’il était juste un mètre intérieur de la limite du terrain. J’imagine que le bruit de quatre cerfs-volants qui posent rapidement en même temps dans le noir était un choc pour les spectateurs juste de l’autre cote de la barrière !
Tu construis ou tu achètes tes cerfs-volants ?
J’ai eu la chance d’être dans une équipe dont un membre fabrique les cerfs-volants, donc je n’ai pas eu besoin d’acheter un cerf-volant depuis longtemps. Dans les Scratch Bunnies, Carl Robertshaw a fabriqué tous les cerfs-volants avec l’aide de Chris Goff. Dans l’équipe Cerfs-volants Folie, Jérémie Maton a fabriqué les cerfs-volants avec l’aide de l’équipe.
Quand tu travailles avec le fabricant, en général ça veut dire que tu comprends mieux le cerf-volant parce que tu n’as pas peur de faire des changements de réglage et d’essayer les nouvelles idées de configuration. Le développement du cerf-volant ne s’arrête jamais parce que tu cherches toujours pour avoir la performance maximale.
Tu veux bien nous décrire le matériel que tu utilises actuellement ?
À présent, je vole avec le Liberty de Air-one kites. Je crois que nous avons 6 versions différentes, avec les barres de la marque Skyshark.
Quels conseils donnerais-tu à des pilotes qui se mettraient juste au cerf-volant pour qu’ils restent et progressent dans notre passion ?
Beaucoup de cerf-volistes essayent d’apprendre trop des choses en même temps et ils ne perfectionnent pas les compétences de base qui sont les fondations pour les manœuvres plus difficiles. Comme ça ils développernt de mauvaises habitudes qui sont difficiles à supprimer plus tard. Pour progresser tu dois choisir une chose spécifique et t’entrainer seulement pour ça jusqu’au moment où tu peux le faire n’importe où et n’importe quand.
Aussi, de nombreux pilotes pensent qu’ils volent seulement avec les bras mais en fait les pieds sont aussi très importants. Donc si un trick ne marche pas pour toi, réessaye-le mais recule en même temps ou avance en même temps et détermine si c’est mieux ou pas. Le secret est de changer une chose à la fois et d’identifier ce qui fait que c’est mieux.
Quels plaisirs ou sensations trouves-tu à faire du 2 lignes ?
Pour moi le plaisir est de venir à des démonstrations de cerf-volant en équipe aux festivals. Fabriquer une routine en musique avec la chorégraphie et la faire devant un public important est une expérience fantastique. J’ai eu la chance de voyager dans le monde et de montrer le cerf-volant en équipe à des gens qui n’avaient jamais vu ça avant, et c’est toujours un grand plaisir de faire ça.
Que pouvons-nous te souhaiter pour l’avenir dans ce monde de cerfs-volants ?
Je souhaite une renaissance de notre sport – une nouvelle époque d’innovation qui va encourager les nouveaux pilotes. Au début, pour moi, il y avait de nouveaux cerfs-volants et de nouveaux tricks à apprendre chaque année. Il y avait un grand sentiment d’évolution dans toutes les choses du cerf-volant, mais aujourd’hui le rythme est beaucoup plus lent, et le développement stagne.
Donc mon abjectif va être de trouver de les nouvelles façons pour éduquer de nouveaux pilots et les aider à commencer dans notre sport. Je suis très content de voir qu’Addictkite aide dans cette domaine, et j’espère que ses articles et vidéos dans l’avenir vont encourager de nouvelles personnes à essayer notre sport. Peut-être que ces nouvelles personnes seront championnes du monde dans la futur.



